Square Enix veut remplacer 70 % du contrôle qualité par l’IA : une décision inquiétante pour le jeu vidéo

Square Enix a annoncé, dans ses résultats financiers, qu’elle s’engageait dans son business plan intitulé « Square Enix Reboots and Awakens ». Si l’entreprise continue ses activités classiques en tant que société cotée, tout en investissant massivement dans les technologies d’intelligence artificielle, c’est surtout son objectif final qui inquiète : remplacer le contrôle qualité (QA) par l’IA.

Table des matières
  1. Square Enix se prépare à l’ère de l’IA depuis 2024
  2. Le « boomerang des licenciements » dans le monde de l’IA
  3. Square Enix a-t-il perdu sa flamme ?

Dans le rapport, on apprend qu’en parallèle de ses investissements dans l’IA, la société finance un projet composé de « plus de dix membres » intitulé « Développement conjoint d’une technologie d’automatisation du contrôle qualité des jeux à l’aide de l’IA générative ». D’ici fin 2027, Square Enix prévoit d’avoir automatisé 70 % des tâches de QA et de débogage dans le développement de jeux.

Merveilleux, n’est-ce pas ? Quelqu’un veut bien me rappeler ce qu’il est advenu des ambitions Web3 et Blockchain de Square Enix il y a quelques années ? Le jeu a fermé en juillet dernier, et personne ne s’en est aperçu. Formidable.

Square Enix se prépare à l’ère de l’IA depuis 2024

Les ambitions en matière d’IA du studio japonais ont commencé l’an dernier, lorsqu’il a annoncé vouloir « adopter une approche agressive dans l’application de l’IA » à ses futurs projets. Cependant, les entreprises ayant déjà tenté l’expérience commencent à en mesurer les conséquences négatives.

Un exemple marquant : Microsoft, qui avait licencié son équipe QA (Quality Assurance – contrôle qualité) il y a dix ans. Aujourd’hui, alors qu’une partie de ses produits utilise peut-être l’IA générative, les suppressions de postes parmi les testeurs expérimentés ont nui à la qualité de chaque mise à jour de Windows.

Un ancien membre de l’équipe QA d’Electronic Arts a d’ailleurs confié à Business Insider qu’il avait été licencié avec une centaine de collègues, son travail (examiner et résumer les retours des joueurs) étant désormais assuré par une IA. Certes, les modèles de langage et IA génératives peuvent produire du code efficace, mais seulement lorsqu’ils sont conçus par des experts. Mais les faire fonctionner correctement est une autre histoire.

L’IA générative peut « halluciner », c’est-à-dire inventer des modules de code inexistants pour JavaScript ou Python. En clair, elle écrit parfois du code imaginaire, et devinez quoi ? Il ne fonctionne pas. Ce n’est pas un simple correcteur automatique : c’est un générateur d’erreurs crédibles.

Le « boomerang des licenciements » dans le monde de l’IA

On observe désormais un phénomène récurrent dans les entreprises ayant remplacé du personnel par des IA : le “layoff boomerang”. Les employés sont rappelés après coup pour corriger les erreurs de l’IA. En avril dernier, on apprenait d’ailleurs que les magasins “Just Walk Out” d’Amazon, prétendument autonomes grâce à l’IA, étaient en réalité surveillés par un millier d’opérateurs humains en Inde.

Pourquoi Square Enix voudrait-elle donc réduire de 70 % son personnel QA ? Probablement parce que la société traverse une période difficile. Ses résultats financiers de novembre (couvrant avril à septembre 2025) montrent une hausse de 28,8 % du résultat opérationnel, mais une baisse de 25,6 % du chiffre d’affaires sur un an.

Final Fantasy XIV reste un pilier majeur du groupe, mais l’absence d’extension cette année a entraîné une baisse des revenus. Malgré des bénéfices en hausse, Square Enix cherche toujours à « croître ». Et quel service paraît le plus simple à automatiser ? Le contrôle qualité.

Mais confier cette tâche à une IA ne résoudra probablement pas les problèmes fondamentaux du studio, qui semblent bien plus profonds.

Square Enix a-t-il perdu sa flamme ?

Un coup d’œil à son calendrier de sorties pour 2025 suffit à semer le doute. Six remakes ou remasters sont sortis cette année. Octopath Traveler 0, présenté comme un nouveau jeu, est en réalité une réinvention d’un ancien gacha. L’année prochaine sera dominée par un remake de Dragon Quest VII, tandis que Dragon Quest XII, annoncé en 2021, reste toujours sans nouvelles.

On peut même imaginer qu’un jour, Square Enix sortira un Final Fantasy où la technologie détruit l’ordre naturel du monde. 

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  2. Le « boomerang des licenciements » dans le monde de l’IA
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Author
Image of Damien Roure
Damien Roure
À 12 ans, Damien Roure a découvert deux choses : les jeux vidéo… et les probabilités. Depuis, il n’a jamais cessé de creuser les règles du jeu, qu’elles soient numériques ou aléatoires. Aujourd’hui rédacteur spécialisé à 35 ans, il explore l’univers des jeux vidéo et des jeux d’argent avec un œil affûté et une plume engagée. Son terrain de jeu ? Les plateformes de gaming, les casinos en ligne, les forums de passionnés et les algorithmes invisibles derrière chaque clic. Damien ne se contente pas de raconter les jeux : il les analyse, les décortique, les raconte avec une profondeur rare.